Je loupe le dernier métro. Une seule solution : le tram. C'est là que je rencontre Leena, une peintre d'une soixantaine d'années, Finlandaise parlant français.
Elle se comporte comme un ange-gardien zellé. Elle a peur, pour je ne sais quelle raison, qu'il m'arrive quelque chose. Est-ce de la paranoïa ou veut-elle simplement discuter avec moi ? Elle m'invite à prendre un verre. Son français est parfait. Elle connait même des expressions d'argot, c'est assez amusant en plus de l'accent. Elle me donne ses coordonnées et me demande les miennes. Je crois qu'elle s'ennuie un peu ces derniers temps et qu'elle cherche un peu d'action, de renouveau.
Elle a l'air légèrement éméché, rien de plus normal à ce qu'il parait pour un vendredi soir dans la capitale finlandaise...
Elle me parle de son atelier qui est un peu plus loin et qu'elle aimerait me faire visiter. Nous marchons le long d'Hämeentie, la plus longue rue d'Helsinki et je commence à bailler. Je regarde Leena qui, toujours inquiète pour moi, me demande si je vais trouver mon chemin jusqu'à chez moi. Il n'y a pas plus simple ! Elle me propose de passer chez elle en me précisant "C'est le bordel, hein..." mais je dois décliner l'invitation, je dors debout et me suis transformée pour ainsi dire en zombie...
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