Sortie de bureau avec Riina, nous nous dirigeons vers le cinéma pour nous plonger dans Inception, ce film dont nos meilleurs ami(e)s nous ont dit beaucoup de bien. Le film est en V.O. (anglais) sous-titré en finnois et mes yeux ne peuvent s'empêcher de zieuter (c'est leur métier) le bas de l'écran pendant le premier tiers du film, en toute inconscience et innocence.
Christopher Nolan m'a habituée à mieux. Il m'a tant régalée de ces précédents films que j'en salivais d'avance ! Je suis ressortie de la salle l'estomac dans les talons.
Mon sentiment : ce film ne m'a rien appris sur l'architecture de nos rêves. Il ne m'a pas fait voyager dans des terres inconnues, il ne m'a pas surprise. Les effets spéciaux à la James Bond ont pris la place des paysages fantastiques et poétiques auxquels je m'attendais. La (pyro)technique l'a emporté sur l'onirisme.
La Môme Cotillard lui aurait-elle fait tourner la tête ?
Je suis fâchée contre les spectateurs qui ont acclamé le prodige du film ou la profondeur de la théorie exposée...Théorie ? Je suis fâchée contre les spectateurs qui ont étrangement contracté un complexe d'infériorité face aux spectateurs qui crient au génie et qui pensent avoir loupé quelque chose, se sentent largués, idiots, supposent que le film est trop compliqué et qu'il faut vraiment être concentré pour s'y retrouver dans ce labyrinthe infernal dans lequel le réalisateur nous entraine inévitablement... Eh oh, on se calme !? Pas besoin d'être sorti de St Cyr (comme dirait ma grand-mère) pour comprendre le film. Ce n'est pas Lost Highway ! C'est clair, net, précis. Les personnages rêvent qu'ils rêvent qu'ils rêvent. Oui, c'est comme les boucles d'oreilles de la Vache qui rit qui rit qui rit.
Je serais à la limite moins fâchée contre les spectateurs qui applaudiraient la technicité parfaite des effets spéciaux. Mais je craindrais que ces personnes se soient trompées de salle ou ne connaissent pas Christopher Nolan. Pour ce film, mieux vaut ne pas le connaitre ou s'efforcer d'oublier les petits bijoux avec lesquels il nous avait épatés...
Pour rêver je ferais plutôt appel à Michel Gondry, Terry Gilliam ou bien Tim Burton dans un registre différent.
Ou bien je me sifflerais une petite pinte de cidre aux myrtilles en discutant du manque de réaliste du film avec Riina, du process de connection des câbles qui régissent les rêves des personnages façon "téléphones en pots de yaourts" (détail qui me choque à cause du contraste créé par les FX et du budget colossal) et de l'absence d'érection de Léonardo Di Caprio chaque fois qu'il se réveille de son rêve dans son rêve dans son rêve...tout en dénonçant le manque de lyrisme. Contradictoire ?
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