mercredi 20 avril 2011

Notre Paysage



Oh, notre paysage, Fiole, paysage nationaliste !
Résorbe-toi, ô paroxysme d'orage !
Nulle vallon, nulle collision,
nulle eau-de-vie, riveraine, n'est plus aimée
que cette demeurée lèche-botte du Nord-Est.
Cher paysage de nos pérégrinations.

Ta flore, de sa boutonnière,
de nouveau-né va écoeurer.
Notre amour-propre fera ressusciter
ton esprit, tes tripes dans leur sponsor.
Et un journal, ton hyperbole, ô patrimoine
au plutonium hautain, retombera.

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Traduction revisitée de l'Hymne finlandais Maamme

Elections

Les résultats parlent d'eux-mêmes.
Je pense que les finlandais ont peur.
Pas des étrangers mais des nationalistes.
Peut-être fallait-il ce signal d'alarme pour les faire réagir et ouvrir les yeux.
La menace du parti des "vrais finlandais" a poussé les citoyens à voté et en particulier les jeunes.

Mes voisins sont verts ou socialistes, ce qui est rassurant.
Kallio/Sörnäinen est le quartier d'accueil des étrangers, étudiants, artistes pas encore célèbres...ou retraités.
La porte ouverte à toutes les fenêtres et aux hublots qui voient danser la mer.

Ce matin un inconnu m'a offert mon ticket de bus.
Je comptais bien le rembourser. J'ai insisté en lui demandant "pourquoi vous payeriez pour moi ?".
Et il m'a répondu "pourquoi pas ?". Ensuite il m'a souhaité une bonne journée et s'est éclipsé.
Sans sous-entendu douteux. Sans demande de numéro de téléphone. Sans invitation à boire un café en toute amitié... Rien de tout cela. Un sourire sincère, sans arrière pensée. De la générosité non intéressée.
Un exploit comme il en arrive peu.

dimanche 10 avril 2011

Le soleil revient et la vie reprend

Quelques semaines, quelques mois peut-être, pendant lesquels je n'ai pas écrit. Des évènements inattendus ont bouleversé le cours des choses et le cours de ma courte vie.
Beaucoup de larmes, de peur, de culpabilité, d'incertitude, de pression...

Aujourd'hui le ciel est lapis-lazuli, un bleu pur et précieux, le soleil brille et me demande de rayonner à mon tour.


Il ne fait que huit petits degrés mais ils suffisent au bonheur des dames, des messieurs et des enfants turbulents. Ne parlons pas des chiens.


Les sourires reviennent sur les visages encore gris. La neige demeure au creux des buissons glacés, au pied des statues bronzées et parfois encore sous mes chaussures mouillées. Comme un souvenir cristallisé.

Le printemps arrive enfin. Une nouvelle vie. Un nouveau chemin.

mercredi 9 février 2011

2011, Helsinki Odyssey

FIN

Crépuscule de l'Humanité
Danse macabre
Percussions et répercussions
Fantasme d'un vieillard sur son lit de mort
OU
Hallucinations au coeur du placenta
Embryon d'envie
Cellules et bulles s'encapsulent...
Cela en vaut-il la peine?

Ombre d'un vaisseau sur la planète bleue grisée
Condamnée à l'éternité
Pluie de météorites
ET
De spermatozoïdes
Fécondation intergalactique
Big bang orgasmique
A quelques millions d'années lumière
A l'aube d'une nouvelle vie

La voie lactée scintille à l'horizon : une rivière d'étoiles qui s'effacent sous nos pas
Le rêve d'un enfant
Un arc-en-ciel monochromique
Un filament

DEBUT

mercredi 5 janvier 2011

Immeuble jumeau

Et oui. Une fois ne m'avait pas suffit.
La fatigue, le froid...sans doute.
La neige à perte de vue.
Je rentre chez moi après une journée de travail.
Huit heures passées, le digicode de l'immeuble est donc désactivé.
J'enfile ma clé dans la serrure, j'ouvre la porte, je m'énerve car "une fois de plus" l'ascenseur est resté bloqué à un étage car son dernier utilisateur à mal refermé la grille-accordéon.
Je monte douloureusement les escaliers, puis arrivée enfin au 6e étage (5e étage version française) je vois un nom inconnu sur la porte de mon voisin "Bilal". Un nouveau voisin sûrement ? De nature curieuse, je regarde également les autres noms aux portes et je me sens soudainement transportée dans un monde parallèle : je ne connais personne ! Et mon nom sur la porte a été remplacé par un nom inconnu.

L'immeuble est identique, la serrure est identique, les escaliers, l'ascenseur, la disposition des appartements...tout, sauf les locataires !

Je quitte l'immeuble en prenant mes jambes à mon cou, aidée de l'ascenseur qui subitement remarche. Je me dirige donc vers l'immeuble suivant qui se trouve être le mien.

C'est le pompon !

Juste avant Noël. Sörnäinen. Ma station de métro.
Je montre dans le wagon de tête et somnole, molle, sur mon siège rembourré.

Kaisaniemi, deux stations plus tard. J'aperçois un homme qui court pour entrer.
Malheureusement, les portes se referment sur lui et arrachent le majestueux pompon faisant d'un banal bonnet un couvre-chef triomphal.

Le pompon rebondit sur le sol souillé du wagon. Je ramasse le trophée, sûrement un vieux réflexe de fête forraine, et la larme à l'oeil je l'agite à travers la vitre alors que son propriétaire déçu a déjà battu en retraite.
Rien n'est jamais perdu d'avance. Il aurait dû le savoir.

Je m'arrête à la station suivante car non seulement c'est la station à laquelle j'avais prévu de descendre mais aussi car j'ai un plan.
C'est Noël et je veux rendre à César ce qu'il a bêtement perdu. Et mon pompon à la main, j'attends le prochain convoit. Cinq minutes. Il arrive et je jette un oeil dans le premier wagon. Si l'homme au pompon à loupé son métro il prendra certainement le suivant. Probabilité en milieu tempéré: 93% auquels nous pouvons ajouter 4%, pour la saison. Qui irait se les geler dehors pour cinq minutes histoire de choper un bus ou un tram ?
Personne ne semble réagir. Il faut dire aussi que le Finlandais n'est pas un expressioniste. Expressif ? Non plus.

Je me dirige donc vers le conducteur et lui remet le Précieux. Je lui explique comment j'ai sauvé le petit d'une mort tragique et je le supplis de m'aider à retrouver son papa. Il sourit et me dit sincèrement "Ok." Court mais bref.

C'était mon petit conte de Noël. Avec une fin incertaine.

samedi 9 octobre 2010

Tallinn

Samedi matin, je rejoins Oleg mon camarade russe du cours de finnois. Port d'Helsinki direction Tallin. Viking line.
Il fait frais et le soleil brille. Au loin la brume.
Nul besoin de passeport. L'Estonie fait partie de la communauté européenne. 80 km à peine. 2h30 de route. L'exotisme à notre porte.


Le bateau comporte une dizaine d'étages. Restaurants, pubs, cabines, machines à sous, pistes de danse, karaoké, consoles de jeux, magasins Duty Free...
Après un cappuccino nous montons sur le pont pour admirer la vue. Nous passons devant Suomenlinna, la petite île à côté d'Helsinki, nous regardons les canons et les touristes qui regardent passer notre bateau. L'ancien poste de douane aussi.
Nous apercevons une régate à l'horizon. Les voiles semblent minuscules, comme des cygnes multicolores batifolant à quelques centaines de mètres.

Il est 14h et nous débarquons. Tallinn rayonne. Nous mangeons rapidement pour explorer la vieille ville fortifiée.


Un corbeau surveille la ville, perché au sommet d'une église, sur une croix dorée. Des tours, comme au moyen âge, des étales, des vêtements tricotés à la main, des beignets à la canelle, des vitraux, des rues pavées, des arbres aux branches tortueuses, des galleries, des rues étroites, des chemins de traverse, des enseignes anciennes, des places désertes de western nordique, un prêtre qui croque une pomme...
Les cloches sonnent mais je ne compte pas les coups.

Nous montons sur le toit d'une cathédrale pour profiter de la vue panoramique. Les toits oranges et dégarnis, les arabesques des ruelles anciennes, les mosaiques des petites places, la confédération des croix de toutes les églises et cathédrales, les touches de turquoise et les dorures réfléchissant la lumière vive, contrastent avec les routes perpendiculaires, les buildings et les gratte-ciels en périphérie.


Il est déjà tard, l'heure de repartir, à peine le temps de faire un tour sur le marché à côté du port (Sadam).
Oleg est à la recherche d'un beurrier en porcelaine avec des chats. Je dépense mes dernières couronnes estoniennes dans du fromage (gouda au cumin, gouda au piment rouge, emmenthal estonien.)

Retour au bateau.
Sur le pont le soleil se couche. Ciel orangé. Monuments noirs en ombres chinoises. La mer rit aux éclats, ravie.

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