mercredi 5 janvier 2011

Immeuble jumeau

Et oui. Une fois ne m'avait pas suffit.
La fatigue, le froid...sans doute.
La neige à perte de vue.
Je rentre chez moi après une journée de travail.
Huit heures passées, le digicode de l'immeuble est donc désactivé.
J'enfile ma clé dans la serrure, j'ouvre la porte, je m'énerve car "une fois de plus" l'ascenseur est resté bloqué à un étage car son dernier utilisateur à mal refermé la grille-accordéon.
Je monte douloureusement les escaliers, puis arrivée enfin au 6e étage (5e étage version française) je vois un nom inconnu sur la porte de mon voisin "Bilal". Un nouveau voisin sûrement ? De nature curieuse, je regarde également les autres noms aux portes et je me sens soudainement transportée dans un monde parallèle : je ne connais personne ! Et mon nom sur la porte a été remplacé par un nom inconnu.

L'immeuble est identique, la serrure est identique, les escaliers, l'ascenseur, la disposition des appartements...tout, sauf les locataires !

Je quitte l'immeuble en prenant mes jambes à mon cou, aidée de l'ascenseur qui subitement remarche. Je me dirige donc vers l'immeuble suivant qui se trouve être le mien.

C'est le pompon !

Juste avant Noël. Sörnäinen. Ma station de métro.
Je montre dans le wagon de tête et somnole, molle, sur mon siège rembourré.

Kaisaniemi, deux stations plus tard. J'aperçois un homme qui court pour entrer.
Malheureusement, les portes se referment sur lui et arrachent le majestueux pompon faisant d'un banal bonnet un couvre-chef triomphal.

Le pompon rebondit sur le sol souillé du wagon. Je ramasse le trophée, sûrement un vieux réflexe de fête forraine, et la larme à l'oeil je l'agite à travers la vitre alors que son propriétaire déçu a déjà battu en retraite.
Rien n'est jamais perdu d'avance. Il aurait dû le savoir.

Je m'arrête à la station suivante car non seulement c'est la station à laquelle j'avais prévu de descendre mais aussi car j'ai un plan.
C'est Noël et je veux rendre à César ce qu'il a bêtement perdu. Et mon pompon à la main, j'attends le prochain convoit. Cinq minutes. Il arrive et je jette un oeil dans le premier wagon. Si l'homme au pompon à loupé son métro il prendra certainement le suivant. Probabilité en milieu tempéré: 93% auquels nous pouvons ajouter 4%, pour la saison. Qui irait se les geler dehors pour cinq minutes histoire de choper un bus ou un tram ?
Personne ne semble réagir. Il faut dire aussi que le Finlandais n'est pas un expressioniste. Expressif ? Non plus.

Je me dirige donc vers le conducteur et lui remet le Précieux. Je lui explique comment j'ai sauvé le petit d'une mort tragique et je le supplis de m'aider à retrouver son papa. Il sourit et me dit sincèrement "Ok." Court mais bref.

C'était mon petit conte de Noël. Avec une fin incertaine.
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