dimanche 1 août 2010

Départ pour Helsinki

L'heure du grand départ a sonné. C'est en entendant le taxi arriver que je réalise émotionnellement l'ampleur de ma décision. Je ne regrette rien. C'est mon choix. Mais les larmes me montent aux yeux.

Sois forte ! Essuie discrètement ta joue sur sa chemise. Ne montre pas que tu es faible, sensible, humaine. Il pourrait croire que tu hésites, que tu n'as pas confiance en toi et que tu pars sur un coup de tête.

Je regarde ma petite boule de poil qui s'étire l'air de rien sur le canapé. Elle me manquera elle aussi.

Mes bagages m'attendent dans le coffre du taxi, son chauffeur moustachu aussi. C'est le moment de se dire au revoir, de se dire qu'on s'aime et qu'on s'appelle à l'arrivée.

1 km et mon téléphone se met à sonner. On s'échange des banalités en essayant de ne pas pleurer, on mémorise cette voix chaleureuse et réconfortante pour les moments durs, plus tard, bien assez tôt.

Nous arrivons enfin à l'aéroport, je rends à César sa boîte de kleenex à moitié vide, les yeux rougis, l'air exténué. Les émotions fortes, ça crève. Et ça fait crever. A moins que ça ne rende plus fort. A vérifier.

Je me réjouis en voyant que la queue au comptoir d'enregistrement est courte. Joie de courte durée puisque mon vol a été surbooké et que je ne pourrai donc pas le prendre comme initialement prévu.
Ma mélancolie se transforme en désespoir amer avant de se dynamiser et de devenir colère...
Une sueur froide rafraichit mes envies de scandale, heureusement. Puis la bonne nouvelle tombe : chaque passager lésé recevra un bon d'achat de 800€ à valoir sur des vols de la compagnie en question.

Les hôtesses me bookent sur le prochain vol en direction d'Helsinki, faisant escale à Francfort, la ville de la saucisse...Et je ne crois pas si bien dire.

J'appelle le couple d'amis qui m'hébergera avant que j'emménage dans mon propre appartement. Les amoureux viendront me chercher en voiture à Vantaa (l'aéroport d'Helsinki) à 1h30, le lendemain matin.

Le stress monte dès le paiement de mon excès de bagages et le labyrinthe entre navettes, plateformes, couloirs à emprunter et ribambelle de papiers à fournir aux postes de contrôle me fait tourner la tête... Mon manège à moi c'est pas l'avion.

Je finis par errer dans les couloirs de l'aéroport de Francfort, composé de boutiques de luxe Hugo Boss, Montblanc, Longchamp...et d'un sex shop en duty free lui aussi ! Petit rideau de velour bordeaux aux détours d'un couloir silencieux.

Embarquement immédiat. Les passagers à destination d'Helsinki sont priés de se présenter tout de suite...

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