dimanche 26 septembre 2010

Une nuit cauchemardesque

La douleur commence à me titiller vers 19h. Elle est supportable et je ne veux pas lui donner trop d'importance pour lui éviter de prendre ses aises et s'installer pour de bon. Je dîne donc comme si de rien n'était puis vais au cinéma voir Cyrus au Festival International du Film d'Helsinki (HIFF).

Le film est distrayant, une comédie romantique à l'Américaine, classique mais efficace. Pas le film du siècle mais pour un moment au moins le mal reste silencieux.

Il se réveille petit à petit, sur le chemin du retour, dans le bus numéro 99 qui me ramène à la maison. Une fois de plus, je le renie, l'ignore. Je pense qu'un bon litre d'eau fraïche et une bonne nuit de sommeil lui seront fatal.

Le marteau piqueur de mon coeur pulsatif n'en finit pas de creuser mes tempes et mon esprit jusqu'à m'empêcher de respirer. Chaque micro mouvement est une torture inouie. Je me retourne dans mon lit pour trouver la position la moins douloureuse, en vain.
Mes sinus sont probablement la cause de ce terrible mal de tête. J'ose à peine avaler ma salive, à peine ouvrir les paupières, je reste immobile.

Minuit. Un bruit à l'étage. "La chance me sourit enfin" me dis-je. Une voisine rentre tardivement et elle va peut-être m'aider. Je l'entends discuter derrière la porte. Je frappe. Elle ne répond pas. Je frappe encore. Elle tourne la clef dans la serrure. Mais malheureusement ce n'est pas pour m'ouvrir mais pour s'enfermer. A travers la porte je lui explique que j'ai très mal à la tête et lui demande si elle a des médicaments. Elle répond fermement "Sorry, I don't have." Je lui souhaite bonne nuit, la mort dans l'âme, une politesse de trop qui reste sans réponse.

Et là, je suis écoeurée et me demande dans quel pays je suis tombée. Je me demande comment on peut ne pas ouvrir la porte à son voisin. J'aurais aimé crever devant sa porte et qu'elle se sente coupable toute sa vie. Comment se comporter aussi inhumainement ? Pendant quelques secondes je la déteste elle et son pays. Je me sens indésirable, sale, dangereuse, je me sens comme un chien enragé. Mais la bête sauvage, pourtant, ce n'est pas moi.

Je retourne me coucher, bredouille et choquée. Puis mon ventre se met à faire des bruits étranges, comme jaloux de l'attention que je porte à ma pauvre tête. Je me dirige donc vers les toilettes en prenant soin de n'allumer que la lumière du couloir pour éviter de me déchirer le nerf optique lorsque je vomirai mes tripes au dessus de la lunette que j'ai nettoyée le matin même...

samedi 11 septembre 2010

Salon de la BD

11 septembre et des millions de bulles flottent dans le ciel gris d'Helsinki. Bande dessinée, manga, dessins en tous genres ont envahi le centre ville.
J'entends aboyer Milou et je souris en voyant un papa finlandais donner de la potion magique à son irréductible bambin ! Oui les albums se tisent et ne se ressemblent pas, et ça nos amis autochtones l'ont bien compris.

Au Henry's pub, les auteurs se retrouvent pour bavarder, gribouiller, tortiller du crayon, rencontrer les fans, distribuer des mini-albums gratuitement, se faire connaitre, se faire aimer.

Je tombe sur Janne (impossible de le rater avec son sweat-shirt jaune pétant) qui me quitte aussitôt pour assister à une lecture. Je retrouve Kaltsu en plein atelier "assemblage de sa mini-bd"...


Il m'offre une bière, puis un exemplaire de Bossen Poika. Je suis gâtée. Je l'aide finalement à découper les pages puis il les agraffe. Fait main, made in Finland.
On aurait dû recruter des enfants chinois ou estoniens pour faire le sale boulot, ou des petits lutins...Là ils seraient restés sous la table, sans mouffeter et on aurait siroter des bières, comme deux vieux tortionnaires...

Je m'échappe du pub un moment pour faire le tour du salon. Et argh...Je me lâche mais pas trop. J'achète seulement deux albums et un poster.
- Onnen Lahjat de Pauli Kallio & Kati Kovacs
- Angst vol 2 (the best of Norwegian comics)

Kati Kovacs et son acolyte, je les ai découverts dans la revue Ego comme X. Kaltsu m'en a prêté quelques exemplaires et c'est donc à Helsinki que je découvre le visage radieux de la BD française en Europe... Oui, la revue est française mais tout le monde peut y collaborer.

Les Norvégiens, c'est le total hasard, j'ai vu le stand coloré et les yeux pétillants des trois artistes exposants, j'ai feuilleté leurs albums, scruté leurs images, scanné leurs rêves et leurs cauchemars puis ai sauté le pas.
Ils me proposent de personnaliser mon album. J'accepte bien sûr ! J'adore l'humilité des auteurs de BD... Tellement pas confiants qu'ils me demandent l'autorisation. Trop touchant !

Les stands accueillent des éditeurs et des auteurs du monde entier mais particulièrement des Scandinaves.


Bon maintenant le truc c'est que la BD finlandaise est en finnois. Oui, mais je compte sur cet album pour apprendre la langue...
La compilation des auteurs norvégiens est en anglais ! Ouf, merci les gars.

Pour vous donner un aperçu du style Kovacs, un article sur un autre de ses albums traduit en français (celui-là) Sirkka petite fille des rues.

Court retour au pub qui est plein à craquer. L'ambiance a changé. Un groupe joue et inspire des auteurs qui croquent en cadence.
Kaltsu me présente un chanteur/auteur de BD norvégien, Pete du groupe Nazca.

Un petit tour au Mbar histoire de saluer Janne et croiser Mika.

Il se fait tard, le salon ferme momentanément ses portes pour aujourd'hui...
La nuit arrive avec ses grosses bottes en plastique.

samedi 4 septembre 2010

Maillot brésilien & prêtre Luthérien

Ce jeudi premier rendez-vous dans un institut à Helsinki et je me rends contre que le vocabulaire relatif au système pileux n’est pas international. Ma pudeur m’empêchera d’aller dans les détails mais un maillot brésilien en France n’a rien à voir avec un maillot brésilien en Finlande, ce que j’ai découvert à mes dépens.

Semaine busy-busy, chacun mange vite-fait et dans son coin. Je sors pour m’aérer, me promène dans la ville et m’arrête au premier fast-food turc, attirée par les néons clinquants de l’établissement. La serveuse ne parle pas anglais et demande aux clients qui l’entourent de me faire la traduction du menu. Un prêtre me traduit gentiment la carte, je commande un falafel, puis il m’invite à sa table. Nous discutons tout en mangeant, nous nous présentons, nous étudions la diversité culturelle de la Finlande, celle de la France et il me raconte son dernier voyage à Saint Pétersbourg. Un prêtre Luthérien est un prêtre Luthérien. L’amour de Dieu est universel.
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